ULTIMA CORDILLERA, la dernière terre inconnue

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Quatrième de couverture

Dans la région des cinquantièmes hurlants, en Terre de Feu chilienne, au point de rencontre de deux océans, l’Atlantique et le Pacifique, et des vents venus d’Antarctique, se dresse, comme un dernier sursaut des Andes, la Cordillera Darwin. Le climat y est l’un des plus violents du globe, la nature y est aussi impitoyable que grandiose. Est-ce pour mieux protéger des incursions humaines la cité mythique qui abrite les dieux patagons ? C’est au cœur de ce territoire, l’une des dernières terres encore inexplorées du monde, que Christian Clot vient de mener, seul, sa troisième expédition, après deux premières tentatives entourées de Karine Meuzard et de scientifiques.

Enfin, il s’est fait accepter par cette ultime cordillère…

En 2002, lors d’un tour en voilier de la Terre de Feu, il était tombé amoureux de cette terre inconnue, tout comme Magellan qui, en 1520, la découvre, ou l’himalayiste Eric Shipton, qui avoua avoir "découvert l’endroit où [le] conduisait tous [ses] rêves".

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Ce livre à reçu plusieurs prix dont :

Prix René Caillé 2008.

Grand prix des Angles 2007.

Prix Thomas Allix de l'exploration 2007.

Médaille de la Société de Géographie Française.

Un livre de Christian Clot
Arthaud, La traversée des mondes, juin 2007
309 pages - Français - 20 €uros
ISBN : 978-2700300376

 

Quelques extraits :

Pg 13
« Le tremblement du vieux ferry cesse au moment où le bruit du moteur s’estompe. Seul un lointain ronflement indique que nous n’avons pas stoppé, juste ralenti. Tout n’est qu’ombre dans le gris de la nuit tombante lorsque plusieurs éclairages s’allument. Comme si elle n’attendait que ce signal, l’imposante tranche arrière de la barge, la « barcasa » Bahia Azul, commence à s’ouvrir. Grande gueule d’une lenteur exaspérante dont je ne peux détacher le regard. Deux hommes d’équipage s’approchent en me parlant. Le cliquetis des chaînes du pont-levis couvre leurs voix, mais cela n’a pas d’importance. Je sais ce qu’ils viennent faire. Me jeter à l’eau. Ici. En plein centre du canal de Beagle. »

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Pg 62
« Ce n’est qu’en octobre 1520 que la Terre de Feu devient une réalité aux regards des Européens, au moment où quatre navires voguent vers le sud de l’océan Atlantique, en cabotant le long des côtes américaines. Auparavant, les territoires au-delà du cinquantième parallèle étaient zones blanches, lorsque l’on ne pensait pas tout simplement que cette ligne représentait la fin du monde. Ils viennent pourtant de dépasser de plusieurs degrés ce cap fatidique. Jamais personne n’est descendu si bas. Et ils n’ont pas sombré dans l’abîme ! Même s’ils ne valent pas mieux. Voilà plus de quatorze mois qu’ils ont quitté l’Espagne. Hommes et bateaux sont épuisés. Déjà une caravelle a disparu et deux mutineries ont éclaté. Tout le monde en a assez des tempêtes. Tout le monde en a assez du froid et de la faim. Plus personne ne croit en l’existence de ce passage vers la mer paisible, de l’autre côté du continent américain. Seul le capitaine général de la flotte, Ferdinand de Magellan, veut encore garder la foi, lorsque la vigie du vaisseau amiral crie : Une ouverture, une baie ! »

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Pg 108
« Maintenant que vous avez vu ça, vous êtes certains que vous ne voulez pas rentrer avec nous ? Vous voulez vraiment débarquer ? »
Plus que jamais Jorge. Plus que jamais…
« Et vous allez vraiment monter là-haut, dans les montagnes ? »
Devant notre affirmation, il secoue un peu la tête avec un petit « Ah ! » de consternation. Puis il nous jette un regard malicieux, son visage illuminé d’un beau sourire.
« Bon, c’est bien. J’espère que tout se passera au mieux pour vous. Vous savez ce que vous faites ! Mais avant de vous laisser, je dois vous dire quelque chose : là-bas, dans les montagnes, en plein dans leur cœur, il y a une cité. Une cité perdue, interdite. Aucun d’entre nous ne pourra jamais la voir, mais nous connaissons tous son existence… Alors il faut aller la chercher. Pour nous ! »
Mes jambes flageolent. Une cité ! »

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Pg 271
« Soudain, je m’arrête. Je ne bouge plus. Un souffle passe. Un ange. Tout est silence. Je tends l’oreille, mes sens à vif. J’ai l’impression de me regarder vivre. Je m’observe de loin, tout petit dans la pente. Je la sens avant qu’elle ne se déclenche. Je sais à l’avance où sera son point d’origine. Mon cœur se met à battre plus rapidement. Lorsque j’entends la déflagration qui résonne avec fracas, je suis déjà en train de courir vers le bas, en diagonale. L’avalanche est juste au-dessus de moi. Le grondement s’accentue. Comme un dératé, je m’enfuis sans regarder où je pose les pieds. Il y a ces trous, ces ouvertures que j’ai dû éviter en montant. Je ne sais plus où. Peu importe ! Un bruit puissant m’emplit plus que je ne l’entends. Plus vite. Je ne peux pas. Je ne PEUX PAS. Mes raquettes m’encombrent. Et cette neige qui me colle au pied ! Je sais déjà que j’ai perdu. Comment courir plus vite que le son ? Que la lumière ? Qu’une avalanche qui dévale la pente à plusieurs dizaines de kilomètres à l’heure en accélérant. Je n’ose me retourner. À quelle distance est-elle de moi ? Je cavale de toute la force de mes jambes, de la force de mon cœur. Je n’ai que deux pensées. Cours ! Je ne veux pas rester là ! Cours. La peur donne des ailes. J’ai peur, bon sang ! Pourquoi est-ce que je ne m’envole pas ? Parce qu’il est trop tard. Elle est là. Je sens son haleine glacée derrière moi, contre moi. Des dizaines de bras puissants s’emparent de mes chevilles, les tirant violemment. C’est terminé. Je tombe. Elle me happe d’un geste. »
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